29/05/2007

 

Ca y est. J’ai commencé à préparer ma valise pour le rendez-vous que je prends avec un de mes rêves d’adolescente : la découverte du Pays Cathare.

Pendant des années, je suis restée coincée à Bruxelles, sans partir, et je suis donc d’autant plus consciente de la chance qui est mienne de pouvoir réaliser un de mes rêves.

 

Aujourd’hui et demain sont des journées marathon au bureau mais je me sens bien et détendue, l’esprit déjà en partance. L’acte de préparer les bagages fait déjà partie du voyage. On dépose des projets, des espoirs, de l’enthousiasme, de la curiosité et les pensées et le temps prennent une autre couleur.

 

Je ne sais pas si j’aurai encore l’occasion de venir errer en ma bulle orange d’ici le grand jour alors je vous dis à tout bientôt en vous souhaitant le meilleur de monde, le meilleur de vous-même.

11:29 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25/05/2007

 

Il y a tellement de manières différentes d’appréhender l’alimentation d’un blog. Dans mon cas, il s’agit d’un endroit où j’ai envie de partager des textes, des chansons que j’aime, des émotions, des joies et des peines, des colères et des enthousiasmes. Une fois les mots lâchés, je me sens mieux, plus légère et c’est la raison majeure qui me fait poursuivre la rédaction des textes que je poste sur cette page. Du blog comme thérapie ? Oui, peut-être. Etre en cet espace me fait du bien et c’est positif.

 

Comme tout un chacun, j’ai le droit de m’indigner, de faire part de mon avis sur la vie, sur ce que j’entends, ce que je lis. Je ne demande pas que l’on soit d’accord avec mes idées. Si l’on ne peut dialoguer et s’enrichir de nos différences et bien, c’est dommage. C’est tout ce que j’ai envie de dire à ce propos.

 

En entretenant un blog, on s’expose à un tas de belles rencontres, à des échanges précieux. On s’expose également à l’incompréhension, à la rancœur, aux insultes. Cela fait partie du jeu, je le sais. Je ne me cache pas derrière l’anonymat et j’aimerais que les personnes qui se permettent de m’insulter, de proférer des menaces de mort aient les couilles d’en faire de même. Facile de me traiter de salope et de putain, de m’écrire que je vais crever. On ne peut pas plaire à tout le monde… Ce n’est pas une raison pour être la cible de la frustration et des névroses de certains. Il existe des médecins pour soigner ce type de pathologie.

Je n’effacerai pas ces commentaires. Ils démontrent à quel point il est encore bien difficile de s’exprimer librement sur certains sujets, d’être une femme, d’assumer sa liberté et ses choix.

Je plains les auteurs de ce type de commentaires et je n’arrêterai pas d’écrire en ce lieu à cause d’eux. Je ne cesserai pas d’être celle que je suis, n’en déplaise à certains. Celui ou celle qui me musellera n’est pas encore né(e), qu’on se le dise.

 

A méditer :

 

Etre tolérant, ce n’est pas tolérer l’intolérance des autres

 

Jules Renard

A bon entendeur...

10:52 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/05/2007

 

Les cravates en soie ne sont plus au goût du jour.

 

Là-bas, il pleut sans cesse.

Là-bas, le bleu n’existe pas.

Là-bas, l’atmosphère est crue et vous goûte les os.

 

Le temps est archer. Il étire, épuise, bande la chair et le cerveau. Il conduit les limites physiques et nerveuses jusqu’au point de non retour. Tout à coup, l’oxygène fait défaut. Les minutes deviennent des siècles, au point que l’on en vient à espérer franchir la frontière qui nous sépare de la délivrance.

Au loin dans la tête, une porte claque. Tout siffle, vibre et ondule. Et peu à peu, on se sent ramollir jusqu’à se restreindre à n’être plus qu’un masse inerte nimbée de silence.

 

Les cravates imperméabilisées sont à présent à la mode. Luisantes à souhait, elles sont moins onéreuses et plus pratiques. D’accessoire esthétique, elles se sont transformées en objet fonctionnel ; Ce sont des bavoirs pour adultes de plus en plus infantilisés.

Et je cherche une cravate bleue, en soie, si douce pour enserrer fermement le cou de mon ami.

 

Il fût une époque où, d’un claquement de doigts, je pouvais changer la couleur des pierres. Il fût un temps où je volais au-dessus de forêts de magnolias.

A présent, le ciel est pourpre. Une vibration sourde imprime à l’existence une sensation de tremblement permanent. C’est la peur qui gronde, les entrailles qui crient, la rythmique infernale des os qui s’entrechoquent. Et je sais, qu’il est proche, qu’il arrive, puant et mugissant.

Il ne me tuera pas, je le sais, je le connais.

Me malmener, me pourrir le cerveau, voilà ce qu’il souhaite. Nothing more, nothing less.

Il me sait docile. Il sait que je ne me débats pas. Je suis déjà défaite, j’ai signé mon acte de capitulation à la naissance.

Et pourtant, j’aimerais remuer mes pieds d’airain, j’aimerais. Seulement voilà… Je ne suis plus qu’une enclume.

 

Le rendez-vous est fixé à un peu plus tard. Je l’ai accepté. Je n’ai besoin de rien à l’exception d’une lampe torche. Il a tout de même glissé dans le creux de ma terreur qu’un petit suisse ne lui déplairait pas. Soit !

« Dis, mamour, si le diable te demande un petit suisse, crois-tu qu’il parle de fromage blanc ou bien d’un helvète de petite taille ou de première fraîcheur ? ».

J’opte pour la première solution, je n’ai pas vraiment d’autre choix, je mets la lampe torche dans la poche de ma veste, l’heure est bientôt arrivée.

 

La rue dans laquelle je marche est sombre et quelque chose d’indéfinissable suinte des murs. J’ai le souffle court. Toujours cette putain d’impression de manquer d’air qui me colle à la peau.  Il faut se cacher, il faut se protéger. Je ne sais pas pourquoi mais je le sens.

Je remarque au loin la devanture éclairée d’un magasin. Je cours vers cette lumière.

Arrivée devant la vitrine, je réalise qu’il s’agit d’un salon lavoir. Peu importe, je pénètre dans les lieux. Le contraste entre les ténèbres de la rue et la lumière blanche m’aveugle. J’entends les machines qui ronronnent. Je sens l’odeur de la lessive. Peu à peu, mes yeux remarquent leurs tambours qui tournent en cadence les uns avec les autres. Je suis seule en ce lieu, je suis seule en moi-même.

 

Un immense comptoir pousse au centre de la pièce. Les quatre angles du lieu sont équipés de téléviseurs allumés.

A l’extérieur, le bruit se rapproche.

Je me précipite derrière le comptoir et me love en son ventre. De ce poste d’observation, je vois distinctement les images diffusées par un des écrans de télévision. J’y vois la rue et ce qu’il s’y passe. A vrai dire, il ne se passe rien et cela dure. Mais pourquoi suis-je donc en proie à un état de terreur irrationnel alors que tout semble calme ? Je réalise soudain le ridicule de la position dans laquelle je me trouve, blottie sous le comptoir d’un salon lavoir. N’importe quoi… A se demander comment on a pu me laisser sortir de l’hôpital avec de tels comportements. « Tout va bien, Madame, vous êtes en voie de guérison. La psychiatrie n’est plus un endroit pour vous ». Franchement, par moment, je me demande si la psychiatrie n’est pas le seul endroit où je me sente chez moi, acceptée telle que je suis. Tu veux crier ? Tu cries. Tu veux pleurer ? Tu pleures. Tu veux dire « merde, qu’on me foute paix ! », tu le dis et puis basta !

 

Je pense à abandonner ma position mais un mouvement dans le téléviseur attire mon attention. Deux lascars traînent un femme. Celle-ci ne se débat pas, elle à l’air assommé. Elle dodeline légèrement de la tête mais rien de plus. Arrivé au centre du rectangle de lumière dessiné par l’éclairage de la devanture, le trio s’arrête net. Un des gars saisit la femme par les aisselles afin de la maintenir debout tandis que son compère commence à descendre la fermeture éclair qui court le long du dos de leur poupée humaine. Tout à coup, je réalise que cette femme ne porte pas de vêtements, que la tirette est greffée à sa peau, à l’endroit de  la colonne vertébrale. Mais c’est dégueulasse ! Pire ! C’est purement atroce à regarder. Au plus la tirette descend, au plus des paquets gluants s’extraient du corps. Certains tombent directement sur les pavés, d’autres s’accrochent à la peau et glissent lentement. Le gars enfonce ses avant bras dans le corps et en fait sortir tout ce que ses mains peuvent saisir avant de balancer ces viscères, ces os et différents organes sur le sol. Il y a à présent tellement de déchets qu’un monticule prend forme. Et cette femme qui continue à bouger la tête, lentement, de droite à gauche, seul « Non » possible à ce qui est en train de se produire.

Les deux hommes laissent tomber leur proie, le tronc complètement évidé, dont la tête encore pleine vient s’étaler dans le coussin de ses propres entrailles en un son mou et humide. Splaoutch !

 

Je n’en peux plus. Je m’en veux de mon inertie, de n’avoir pu décrocher le regard de cette scène macabre, de ne pas avoir essayé d’aider cette femme. Je voudrais hurler mais aucun de son ne sort de ma gorge. Je sens pourtant une énorme contraction dans le thorax. A la place de gueuler, je dégueule.

Black out.

 

 

Ca fait « boum, toc, boum, toc » dans mon crâne. « Hé ! Ho ! Le génie non civilisé qui bosse dans ma caboche, t’aurais pas envie d’un jour de congé ? ».

J’ouvre les yeux et le réglage de l’image s’effectue difficilement. Je réalise peu à peu que je suis chez moi. Bonheur ! De la fumée danse dans les rayons de soleil qui filtrent dans la chambre. Une cigarette… Je ne suis pas seule et cette pensée me réconforte. Je tourne la tête, aïe ! C’est douloureux mais j’aperçois le soleil de ma vie, assis tout près de moi, le regard inquiet. Instinctivement, sa vision me fait sourire de joie et me fait quelque peu oublier la douleur.

─ Comment vas-tu ? Tu n’as pas trop mal ?

─ Ca, oohhh, mon crâne, je…

─ Je sais, le médecin va revenir. Il a dit que tu dois beaucoup te reposer et éviter la lumière. Tu t’es pris un fameux coup.

─ Un coup ? Souviens pas… étais caché sous… et…

─ Chut ! Ne parle pas trop, tu vas te fatiguer. C’est le gérant du Lav-O-Matic qui t’a trouvée, inconsciente. Tu étais sous le comptoir, sans connaissance, la tête nageant dans, comment dire, ton sang et ton vomi. Le pauvre homme était complètement hystérique.

─ Du sang ?

─ Tu as probablement essayé de te relever après avoir gerbé et tu te seras cogné la tête contre le rebord du comptoir. C’est la seule explication possible. Je me demande quand même ce que tu pouvais bien faire là au beau milieu de la nuit. Tu nous as fait une de ses frayeurs !

─ Me cachais… peur.

─ Allez, c’est fini.  Ne t’inquiète pas, tu as juste une belle commotion. Tu m’expliqueras tout ça plus tard. Je vais te donner un antidouleur. Tiens, voila, ouvre la bouche et essaie de ne pas trop bouger la tête.

─ …

─ Je vais appeler tes parents et les rassurer. Je téléphonerai aussi à Thomas pour l’informer de la situation et pour nous excuser de ne pas venir à son anniversaire.

─ cravate… ai pourtant cherché, tu sais.

─ Je sais, ce n’est pas grave. Je suis allée me promener en ville et j’en ai déniché une. Tu connais mon avis sur les cravates mais bon… Puisqu’il fallait offrir une cravate…

─ Merci…

─ Je l’ai achetée dans une boutique que je n’avais jamais vue et pourtant, je dois être passé devant des centaines de fois. Tu as déjà entendu parler d’un magasin appelé L’élégance retrouvée ? C’est tout près de chez tes parents, dans la galerie qui donne sur le carrefour. Ils ont de belles choses mais franchement, c’est cher payé pour une morceau de soie.

─ Suis passée par là… pas vu…

─ Bah ! Tu devais être distraite ! Franchement, j’ai trouvé le type du magasin assez bizarre et pas très propre pour quelqu’un qui vend des articles de luxe. Si il n’y avait pas eu ce stupide cadeau à offrir, je serais sorti immédiatement de cet endroit tellement je m’y sentais mal. Bon, je vais te laisser te reposer. Je parle, je parle…

─ Pas grave…

─ Bon, je vais téléphoner. Tiens ! Je vais aussi appeler ta soi-disant meilleure amie et lui demander si elle n’est pas dingue de te laisser boire comme ça alors qu’elle sait très bien que tu prends des médicaments pour les nerfs.

─ Hein ?

─ Non mais, je ne suis pas né de la dernière pluie. Bon… Bisous. Je ferme la porte, je n’en ai pas pour longtemps. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à m’appeler.

Ah oui, un dernière chose, le médecin a dit que tu devais essayer de manger quelque chose. Il n’y a pas grand-chose dans le frigo, je comptais aller faire des courses ce matin. Est-ce qu’un petit suisse te ferait plaisir ?

 

 

 

19:03 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

18/05/2007

18 mai... Remember Ian Curtis

i_curtis2

27 ans aujoud'hui que Ian Curtis a décidé de partir...

Procession moves on, the shouting is over
Praise to the glory of loved ones
now gone
Talking aloud as they sit
round their tables
Scattering flowers washed down by the rain

Stood by the gate at the foot of the garden
Watching them pass like clouds in the sky
Try to cry out in the heat of the moment
Possessed by a fury
that burns from inside

Cry like a child though
these years make me older
With children my time
is so wastefully spent
Burden to keep, though their
inner communion
Accept like a curse
an unlucky deal

Laid by the gate at the foot
of the garden
My view stretches out
from the fence to the wall
No words could explain,
no actions determine
Just watching the trees
and the leaves as they fall

Joy Division - The Eternal

09:36 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/05/2007

 

Aujourd’hui, le gars qui pédale dans mon crâne a retrouvé un peu de vigueur. Je suis même en état de crise de cruauté mentale à l’égard du pape et de ses propos relatifs à l’avortement. Il ferait mieux de se taire avant de parler d’une réalité qui lui échappe complètement et puis, qui stigmatise-t-il une fois de plus ? Les femmes. Je ne sais pas si il est courant, mais tomber enceinte ne se fait pas par l’opération du Saint-Esprit. Un homme ET une femme sont concernés… mais l’homme, lui, ne risque pas d’être excommunié.

Suivant cette logique, une femme qui se fait violer et qui tombe enceinte suite à ce drame devrait conserver l’embryon sous peine d’excommunication… Et le violeur ? Que je sache, je n’ai pas entendu Benoît XVI dire que quelqu’un qui viole est passible d’excommunication… La femme devrait-elle payer doublement cette injustice ? Et l’avenir du futur enfant, est-ce que le Pape s’en préoccupe lui qui a renoncé a être père ?

Facile de dire aux gens ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire lorsque l’on vit dans une tour d’ivoire, à l’abri de la pauvreté, en dehors de la réalité. Quel mépris de l’être humain et quel manque de respect. Sous prétexte d’épargner des vies humaines, Benoît XVI condamne et juge des êtres que la vie malmène et tue à petit feu. Parce que, bien entendu, c’est à des êtres d’Amérique du Sud qu’il va sortir ces inepties, tout comme c’est en Afrique qu’il va condamner l’utilisation du préservatif…

Oui, ça me met en colère et ça me dégoûte.

Putain, je vais coller la photo du pape sur la cible de mon jeu de fléchettes. Ca calmera mes nerfs.

13:25 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |