16/10/2007

 

 

Light Calligraphy

 

Ainsi

Je m'apprête au massacre prochain
(Je n'ai perdu- dans le dernier massacre-
que mon continuel échec et mon cadavre)

Moi le festin éternel

Je restaure mes citadelles et mes murailles vaines.
Je soutiens mes ruines par des discours fervents
(je sais qu'ils sont usés, qu'ils sont tout troués),
et je lève le drapeau
(lui - aussi- les mites l'ont mangé et l'érosion.
Ne restent de lui que quelques lambeaux colorés),
et je lève la voix de l'hymne national.

Champs de crânes du massacre passé.
(est-ce qu'ils sont miens?
Où est donc mon crâne)
Je les berce ils ne s'endorment pas.
Je leur en fait grief: notre prochain matin est un prochain massacre.
Ils hurlent,
cherchent refuge dans ma poitrine,
je m'endors dégainant les armes.

Je rêve des Barbares qui arrivent.
(dans le poème de Cavafy ils ne sont pas venus,
mais m'ont promis de venir, à l'achèvement du poème)
je m'apprête pour eux funeste festin
je me parfume de gingembre de safran de camphre de girofle d'églantine.
Et j'attends:
appétissant, beau.


J'attends


et je rêve de hordes et de fracas.

Rifaat Sallam

12:46 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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